L’Encyclopédie du développement durable

L’Encyclopédie du Développement Durable est un outil pour la compréhension des enjeux et la mobilisation. Projet d’éducation populaire, elle se propose de vulgariser les connaissances scientifiques, de promouvoir une réflexion militante et de diffuser des repères pour l’action en faveur du développement durable.

Comprendre le respect dû au monde vivant, maîtriser les scien­ces et les techniques, partager les savoirs pour partager les déci­sions, tels sont les objectifs poursuivis à travers l’Encyclopédie.

Ce projet répond à une demande qui s’exprime très largement aujourd’hui où le développement durable est si souvent invo­qué de manière confuse et superficielle. Il n’est pas indifférent que le pilotage de ce travail soit organisé autour de 4D à qui l’on reconnaît la rigueur nécessaire à une telle entreprise.

L’article du moment

 

Transformer l’agriculture pour une alimentation saine : un débat à peine ébauché

 

Plusieurs actualités récentes ont mis l’agriculture et l’alimentation au centre du débat public en France : l’affaire du glyphosate et les négociations sur son interdiction au niveau européen, les oppositions au CETA et ses conséquences possibles sur l’agriculture et les produits mis sur le marché en Europe, les controverses sur les droits des animaux et la consommation future de viande et enfin le lancement d’Etats Généraux sur l’agriculture et l’alimentation. Cette conjonction n’est pas un effet du hasard. De fait, ces deux thèmes sont désormais directement ou indirectement présents dans la plupart des dimensions de notre vie sociale ou politique, depuis la géopolitique et les migrations internationales jusqu’aux modes de vie quotidiens en passant par l’emploi, le développement territorial, l’environnement ou le changement climatique.

Se nourrir sainement y compris boire sainement est fondamental. C’est pour beaucoup un besoin non satisfait : 1 personne sur 9 souffre de la faim dans le monde, près de 800 millions de personnes restent privées d’eau potable pendant que l’obésité touche près de 650 millions d’adultes soit 13 % de la population mondiale. Faire face à la démographie grandissante devrait, selon beaucoup d’experts, conduire à doubler les productions alimentaires. Mais, cela a été, trop souvent le prétexte à une agriculture de plus en plus intensive, à la recherche du moindre coût pour le consommateur et de chiffres d’affaires croissants pour l’industrie et le commerce. Beaucoup moins pris en compte la santé des hommes et les effets sur les écosystèmes et les ressources (eau, sol, énergie) tous essentiels aux générations à venir.

Répondre à ces défis oblige à une transformation profonde des modes de faire des nombreux acteurs en présence : des agriculteurs aux consommateurs, en passant par ceux de l’industrie, la recherche, la médecine, le commerce, la restauration. « L’agroalimentaire » regroupe une multitude d’acteurs et de métiers aux objectifs et contraintes différents.

L’encyclopédie du développement durable aborde ces questions dans de nombreux articles, et aujourd’hui dans deux nouveaux articles, à la recherche comme Marc Dufumier de « systèmes de production agricole inspirés de l’agro-écologie aptes à constituer une alternative aux conceptions strictement “productivistes”, tout en permettant de satisfaire durablement les besoins chaque jour plus diversifiés. »

Les modes alimentaires changent : se nourrir est culturel. Les agricultures dans le monde font face au changement du climat (3). L’offre alimentaire doit satisfaire une  demande de produits bio (19), sans OGM (1,11), issue d’un commerce équitable (6,20) et garantir la juste rémunération des producteurs tout en rapprochant production et consommation locale comme mondiale (5,17,18,21). Cette transformation doit prendre en compte la révolution numérique qui affecte aussi bien les techniques agricoles et la commercialisation, penser économie circulaire (9) dans la transformation des produits, faire appel à la vigilance citoyenne  par une transparence de la chaîne de production et de consommation (15) en prévenant les gaspillages (4) et en évitant les souffrances animales inutiles.

Le métier d’agriculteur doit, dès lors, s’exercer différemment : il devra respecter l’écosystème sol  (4,13, 22), remettre en cause les habitudes de monoculture qui fragilisent les milieux et exigent un recours massif aux produits phytosanitaires préjudiciables à la santé humaine comme à la biodiversité, réduire drastiquement l’utilisation des engrais chimiques qui polluent les eaux (8). La recherche, en se gardant des conflits d’intérêt, devra se réorienter pour répondre à ces nouvelles donnes, qu’il s’agisse des biotechnologies (2), de la formulation des nouveaux produits mis sur le marché, de la mise au point de nouvelles techniques ou procédures de travail ou encore de l’invention de machines adaptées. L’échange et la transmission des connaissances et des savoir-faire sont essentiels pour prendre ce virage. L’enseignement, notamment l’enseignement agricole, mais pas que, est LE maillon pour dispenser les bases de ce nouveau paradigme qui nécessite un changement systémique et une vision dynamique de long terme.


A lire : les derniers articles mis en ligne 

1 – Mathilde Soret : OGM : quel bilan ? (2017)
Un OGM est communément défini comme un micro-organisme ou un organisme vivant (animal ou végétal) dont le patrimoine génétique a été modifié par intervention humaine, Les OGM recouvrent principalement les plantes génétiquement modifiées (PGM) utilisées en vue de produire ou de tolérer des pesticides, de s’adapter à d’autres milieux naturels ou d’améliorer la qualité nutritive d’un aliment. Ces variétés ont le plus souvent pour objectif d’accroître les rendements agricoles, mais soulèvent également de nombreuses questions et inquiétudes en matière de risques sanitaires et environnementaux. Les données les plus récentes mettent en doute la rentabilité économique de ces organismes, et ainsi questionnent leur intérêt réel.
2 – Dominique Planchenault  : Evolution des biotechnologies végétales (2017)
Point sur les techniques actuelles sur les biotechnologies végétales, balayant largement les techniques utilisées depuis l’antiquité par les agriculteurs visant à sélectionner les graines issues d’espèces végétales comestibles jusqu’aux techniques les plus modernes nous permettant d’agir sur le génome. Ces nouveaux outils biotechnologiques sont l’objet de multiples contestations et de doutes qui concernent des aspects variés de l’agriculture, de l’environnement, de la sociologie, de l’éthique et même parfois de la morale.
A relire dans l’EDD :
3 – Les agricultures du monde face au dérèglement du climat : François Papy (2016)
4 Les terres éléments clés pour l’avenir du climat et de l’alimentation humaine : André-Jean Guérin (2016)
5 – Rennes, ville vivrière ? Prospective proposée par les étudiants d’Agrocampus Ouest (option « Agriculture Durable et Développement Territorial ») (2015)
6 Le commerce équitable Un mouvement citoyen mondial, Marc Dufumier (2014) 
7 – Agriculture et alimentation : comment produire plus et mieux avec moins de ressources biologiques ? Marie Chéron, Fanny Deleris  (2013)
8 – Le développement durable en Bretagne : un grand enjeu la qualité de l’eau, Françoise Gourio-Mousel, Catherine Lapierre  (2012)
9 – L’écologie industrielle : Paul Schalchli  (2012) 
10 – Les collectivités locales actrices du développement de l’agriculture biologique sur leur sol. Anne Haegelin et Julien Labriet  (2011)
11 -Quelles politiques publiques pour les plantes génétiquement modifiées ? Christian Bourdel  (2011)
12 – Pour une agriculture efficace sur les plans économique, social, environnemental avec des produits de qualité, André Pochon  (2011)
13– La seule agriculture durable est celle qui respecte les lois de la biologie du sol.  Lydia & Claude Bourguignon (2011)
14 – Quelles agricultures durables pour nourrir correctement l’humanité,  Marc Dufumier  (2010)
15 – Les signes de qualité concernant l’environnement et le développement durable en France et en Europe, Patrice Gruszkowski (2010)
16La proximité entre l’espace rural et la métropole francilienne invite à tisser de nouveaux équilibres autour d’une agriculture citoyenne et territoriale Baptiste Sanson  (2010)
17 IAASTD Une expertise collective internationale sur le rôle des connaissances, des sciences et technologies agricoles pour le développement, Jacques Loyat (2010)
18– Agrimonde1 Un scénario pour des agricultures et des alimentations durables dans le monde à l’horizon 3050, Sandrine Paillard, Ronzon Tevezia  (2010)
19 – L’agriculture biologique : Matthieu Calame (2009)
20Le commerce équitable : une démarche exemplaire ? Jean-Paul Van Hoove  (2008)
21 – Pour une agriculture et une alimentation réellement durables. Quelles politiques Européennes? 
Aurélie Trouvé (2008)
22 – Sols et développement durable : Alain Ruellan  (2006)
23 – La biopiraterie : Catherine Aubertin  (2006) 

 

Un projet participatif

La compétence et la diversité des auteurs d’articles font la richesse de l’ouvrage qui se construit à partir de différents points de vue, de différentes expériences thématiques ou territoriales. Plus de 200 personnes qualifiées participent au projet et ont accepté de rédiger un ou plusieurs articles présentant leurs vues dans leur domaine de compétences, de mettre à plat les questions, les enjeux, de s’inscrire dans le débat quand ce débat existe et, dans la mesure du possible, de suggérer des orientations souhaitables pour satisfaire, point par point, aux exigences du développement durable.

L’équipe de l’Encyclopédie du développement durable souhaite instaurer un partenariat privilégié avec ses auteurs qu’ils soient élus, militants, chercheurs, fonctionnaires… Notre ambition est que ce partenariat fasse l’objet d’un véritable échange, et ouvre un espace de confrontation entre des paroles qui ne se rencontrent pas toujours.

Alors prenez part à la réflexion citoyenne. Contribuez à l’Encyclopédie du Développement Durable !

Pour toutes questions, réactions ou propositions, contactez le Secrétariat de rédaction: coordination@encyclopedie-dd.org