Les 17 objectifs de développement durable

Les Objectifs de Développement Durable

Les Objectifs de développement durable qui ont été adoptés le 25 septembre 2015 par 193 Etats présents à New York, font ce constat : le 21e siècle ne peut être la reproduction du siècle passé. Et tous les pays, tous les acteurs doivent bifurquer. 

Les négociations entre les Etats ont duré plus de 2 ans. L’organisation même des réunions, avec des groupes de travail ouvert avec deux à trois pays, cassant les postures traditionnelles, et une relative participation de la société civile, améliorable mais honorable, ont permis d’aborder de nombreux points :

  • Une certaine idée de contrat social est passée dans ces ODD : protection sociale, égalité femmes-hommes, des questions auxquelles la France est attachée, et qu’elle et d’autres pays ont défendues dans les négociations.
  • La réduction des inégalités, soit une hausse des revenus des 40 % les plus pauvres supérieure à la croissance des revenus de la moyenne de la population (cible 10.1) – fut âpre à négocier. Plusieurs pays comme les États-Unis s’y opposaient, au motif que son inclusion conduirait à des « débats stériles » et qu’elle était redondante avec des cibles ou objectifs comme la croissance économique ou l’accès équitable aux moyens de production. D’autres pays comme la Chine et l’Indonésie faisaient valoir qu’une telle cible était injuste dans la mesure où les pays en développement s’en tenaient plus éloignés que les pays de l’OCDE. Sous leur pression, la cible fut retirée du brouillon de la liste des ODD courant 2014. On doit sa réintroduction dans la liste finale à l’insistance du Danemark, de la Norvège et du Brésil.
  • Les territoires auront un rôle à jouer pour la mise en œuvre de cette feuille de route. Ils n’ont pas tous les mêmes compétences dans tous les pays, mais dans les grandes lignes, ils ont une forte capacité d’investissement sur des projets d’infrastructures, d’usages, d’aménagements et une proximité avec les habitants qui doivent être embarqués. Et enfin un rôle de facilitateur pour les partenariats. 4D a été à l’un des co-auteurs des premiers textes qui ont circulé pour les territoires durables. Il fut signé par tous les groupes majeurs et fut une contribution à l’objectif « villes durables ». Ici les ONG ont poussé pour que l’idée de la ville durable ne soit pas qu’intelligente par la technologie ou ses réseaux mais par ses acteurs, son organisation, sa gouvernance. Des enjeux pour lesquels il faut être vigilant dans les temps de la mise en œuvre.

Certains objectifs et cibles montrent que des débats restent ouverts :

  • L’objectif « alimentation. » Il fait le lien entre la faim et les systèmes de production alimentaires. Sans toutefois privilégier ou exclure un modèle agricole particulier. Il est fait référence aux agricultures familiales dans certains cas. Les moyens de mise en œuvre associés, visent à renforcer un tissu social et économique, prolongent le modèle actuel en préemptant une correction des dérives des marchés, des gaspillages, une répartition équitable des réserves alimentaires mondiales. Une approche universelle de cet objectif pourrait s’entendre par une disponibilité de 3000 kcal/hab./jour largement suffisant selon la FAO (au lieu de 4000 kcal/hab./jour dans la zone OCDE-1990) ce qui aurait des conséquences positives en termes de santé publique en diminuant les risques de sous-alimentation dans les pays en développement, mais également en limitant la surconsommation qui favorise la survenue de maladies liées à l’alimentation, comme l’obésité dans les pays développés

 

  • Un autre débat d’idées, plutôt fervent au sein de la société civile. La croissance économique peut-elle encore aboutir mécaniquement à un rattrapage entre pays ? L’objectif 7, « Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous » vise une croissance soutenue pour tous les pays et d’au moins 7% dans les PMA, en tirant la productivité vers le haut et en innovant sur le plan technologique garantissant le plein emploi et s’attachant à ce que la croissance économique n’entraîne plus la dégradation de l’environnement. L’énoncé même de l’équation est ambitieux. Les négociateurs ne s’y sont pas trompés, ni l’intégration de la RSE ni une hypothèse réaliste d’un découplage croissance / ressources naturelle n’ont trouvé d’accord, mais cet objectif et ces cibles supposent à eux seuls des correctifs et une réorientation des pratiques des acteurs publics comme privés. Citons simplement que près de 21 millions de personnes sont victimes du travail forcé. Dans l’économie privée, le travail forcé génère 150 milliards de dollars de profits illégaux par an.

 

Conserver la philosophie des ODD pour leur mise en œuvre

Si l’atterrissage national et local nécessite une appropriation et une adaptation par rapport à un contexte local, il ne faut pas perdre de vue la philosophie des ODD adoptés par les 193 Etats :   

Plus qu’une mise en œuvre des 17 objectifs tous ensembles, une cohérence d’ensemble et donc a minima un effort pour identifier les synergies et les conflits pour renforcer une approche cohérente est à rechercher dans l’année à venir.

 

Les 17 objectifs de développement durable, et leurs 169 cibles, ou sous-objectifs, forment le cœur de l’agenda 2030.

infographie Ministère de la transition écologique et solidaire