Des solutions vertes pour accompagner l’urbanisation

CHRONIQUE DE LA COP21

 Par Corentin Simonot

Lundi 7 décembre 2015, Dr Chaden DIYAB, présidente d’AUTOPIA, organisait un Side Event dans l’Espace Génération Climat de la COP 21 (Le Bourget). Intitulé « Technologie et innovation verte au service de la ville et des citoyens », la conférence faisait intervenir des entrepreneurs, des institutions internationales et des représentants des collectivités territoriales dans le but d’apporter des solutions aux problématiques environnementales liées à l’accélération de l’urbanisation.

Alors que la population urbaine représentait moins de 30% de la population en 1950, elle dépasse aujourd’hui les 50% et avoisinerait les 70% d’ici 2050. En passant de 600 millions à 6 milliards de citadins en moins d’un siècle, nous devons relever pour les années à venir le défi de l’urbanisation. Le phénomène est encore plus prégnant en Chine par exemple, où le taux de population urbaine passera de 13% en 1930 à 70% en 2030. L’impact de cette urbanisation sur l’environnement est direct : pollution par la consommation de charbon, construction et déconstruction effrénée, etc. De ce constat découle l’importance de penser à un aménagement urbain éco-responsable.

« Comment seront les villes de demain ? » « Quelles solutions apporter ? » « Comment conserver les cadres d’habitation ? » Ce sont les questions auxquelles tente de répondre AUTOPIA. L’initiative est née au moment du Printemps Arabe, en 2011, lors du constat que les villes détruites, les bidonvilles, les villes pleines de déchets et polluées pouvaient engendrer des mouvements de contestation de la part de la population. L’idée d’AUTOPIA était alors de replacer l’homme au centre de la ville en utilisant la technologie et l’innovation au service du citadin. AUTOPIA crée alors une plate-forme internet qui promeut les technologies novatrices répondant aux défis environnementaux posés aux collectivités locales et aux entreprises.

L’horizontalité, le partage des solutions en réseau, c’est aussi la préconisation d’Antoine-Tristan MOCILNIKAR, Secrétaire général du Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Il voit encore plus loin et souhaite que soit créé un grand portail des solutions en rassemblant les différentes plate-formes telles qu’AUTOPIA. C’est le mélange des plate-formes de partage (AirBnB, Uber, Blablacar, etc.) qui permet de faire fonctionner la société. Mr MOCILNIKAR souligne aussi le lien très fort qui existe actuellement entre le PIB d’une part, et la consommation énergétique d’autre part. C’est donc l’efficacité énergétique (notamment celle des bâtiments) qui pourra expliquer la croissance de demain.

Investir le secteur des technologies vertes sans nuire à l’emploi et la croissance, c’est aussi le fer de lance d’Ania THIEMANN, responsable des Relations Internationales à l’OCDE. Elle déplore le trop plein d’investissement dans l’industrie de charbon en Chine et souligne qu’il n’est pas nécessaire d’être un pays développé pour investir massivement dans les énergies renouvelables, qui ont un fort potentiel en termes de création d’emplois. Mais le développement des énergies renouvelables ne peut passer que par l’instauration d’un cadre favorable : la transparence dans les investissements, la dérégulation en matière de production d’énergie, la fixation d’un prix carbone, etc.

A l’échelle municipale, des solutions peuvent être trouvées dans la gestion des déchets. Ziad ABICHAKER de Cedar Environmental, une société spécialisée dans le recyclage des déchets, prône une décentralisation de la gestion des déchets pour un traitement plus rapide et plus local. L’idée étant d’arriver à terme à une société 0 déchet.

Le débat a été conclu par François LEBLOND président de la Confédération Française pour l’habitation, l’urbanisme, l’aménagement du territoire et l’environnement (COFHUAT), soulignant l’importance de redonner un visage humain à l’urbanisme et le savoir-faire français en la matière.

 

 

Rédigé par Corentin SIMONOT

Chargé de Mission à Association 4D