On l’a FAIT, ma fiiiiiiiiille !!!

L’Accord de Paris a été signé par presque tous les pays du monde pendant la COP 21 à Paris, en 2015. Chaque Etat y a pris des engagements concrets en termes de politiques publiques, qui, s’ils sont tenus, nous permettront de rester sous le seuil critique d’une augmentation de la température de 2°C sur la Terre.

Mais ces politiques publiques sont difficilement compréhensibles à l’échelle des citoyens. C’est pour cela que 4D travaille à modéliser ce que pourra être notre futur, pays par pays, à l’échelle des familles. Ce travail de modélisation s’appuie sur les contributions signées par les pays, les projections d’organismes nationaux et internationaux (notamment l’Ademe), les statistiques et analyse de la population, l’économie et les modes de vie des différents pays…

Dans ce récit, vous pouvez rencontrer Katya, infirmière, qui vit en HLM dans le 19ème arrondissement avec sa fille Shanya !

 

Ecoutez Katya vous raconter sa vie de 2010 à 2050 !

Extrait de l’émission « C’est pas du vent » diffusée sur RFI le 28 novembre 2016.

 

Les chiffres derrière le récit

Pour aller plus loin et comprendre le parcours de Katya, découvrez les infographies issues du modélisateur OurLife21 !

 

La version écrite

Moi, c’est Katya. Ma fille, c’est Shanya. Entre elle et moi, c’est fort. Dans la vie, on a du se débrouiller seules. Ça soude. On est des alliées.

Dans les années 10, quand le changement climatique est devenu un sujet, on s’est regardées…pfffff… on n’avait pas de quoi, pour changer notre consommation !!! On était inquiètes. Que les prix augmentent, tout ça. Moi, toute la journée, je cours. Je suis infirmière de métier, ça gagne pas des fortunes non plus – rire-. On achetait à manger discount ; l’électro-ménager c’était du pas cher qui tombe en panne bien vite ; la facture de chauffage, ben il fallait bien se chauffer… on avait encore une voiture… C’est la première chose qui a changé, je me rappelle. On l’a vendue, sans la remplacer.

Shania, elle, elle voulait faire biologiste. L’alimentation, tout ça, ça lui parle. Du coup, tac, elle est devenue végétarienne. Au bout de quelques années, j’avais l’air maline avec mon budget viande, et elle en pleine forme en face de moi… allez, j’ai basculé aussi. Attention : Flexitarienne, seulement. Je fais des petites  entorses. Ah, d’ailleurs, ça va faire 30 ans, quand-même. 30 ans déjà… Bref, on s’est remises à faire plus de cuisine nous-mêmes, pas du pré-cuisiné, des bons petits plats. Meilleur et moins cher. Autant d’économisé… On pouvait même acheter bio, tiens. Ça nous aidait en fait !!

De fil en aiguille, vers 2020 je dirais, tout le monde s’est aussi mis à tout se prêter, se louer : les voitures, les logements,… Ça avait commencé avant 2020, au début on appelait ça “l’économie qui partage”, mais ensuite… on n’appelait plus ça du tout, c’était devenu comme ça. Et moi la débrouille, je sais faire et même j’aime bien… Des fois je cuisinais plus pour en vendre sur internet… Des fois l’inverse, pour gagner du temps… Mon robot de cuisine d’aujourd’hui ? il a 15 ans environ, il date …disons de 2025 environ. Je viens de le faire réparer contre un tajine dont j’ai le secret… Il est reparti pour 5 ans là… On s’entraide quoi … Mon côté infirmière. Tout le monde y gagne. Ça rend heureux.

Restait le chauffage. Ah ben là c’est simple, on a eu de l’aide. La ville, les pouvoirs publics, on a eu des conseils, des subventions… Il y a eu l’isolation, puis la domotique, les petits boitiers qui clignotent là, bon on a appris à baisser la température, tant mieux parce que franchement c’était surchauffé avant, on ouvrait parfois les fenêtres en hiver… on a réappris à mettre des pulls, quand-même… puis il y eu des panneaux solaires,… Aujourd’hui, on produit 50% de notre énergie. On a le plus grand potager urbain de la ville, sur nos toits. Tous les restes alimentaires on les composte, et ça fait mieux pousser ce qu’on mangera ensuite, et ça fera des restes et on les compostera etc. L’animatrice de ce potager, avec ma tchatche, c’est moi. Et oui. Tout le monde dans les rues autour apprécie nos paniers de fruits et de légumes pas trop chers, et on sait d’où ils viennent au moins, et comment ils sont cultivés.

Ça va bien pour nous, notre quartier. Mieux qu’en 2010, ça c’est sûr.

Et voilà, c’est COMME ÇA qu’on s’en est sorties. Il y a longtemps, il y avait eu un bouquin qui s’appelait « Jamais sans ma fille ». C’était une mère qui se battait pour sauver sa fille, menacée. Moi c’était un peu pareil. Il fallait qu’on arrive à s’adapter à notre temps. Et puis c’est pour ses enfants à elle, Shania, aussi. Je suis fière de nous, je peux lui dire « on l’a fait, ma fille  ! ». Pour le climat, on sait que c’est pas gagné, mais on va continuer. Puisqu’on en profite.

C’est ensemble qu’on y est arrivées, c’est ensemble qu’on continue. Ensemble, elle et moi, et aussi les gens tout autour, tout le quartier on peut dire, et puis, c’est une évolution mondiale, PLEIN de gens s’y sont mis. C’est comme ça dans la vie : ensemble tout est possible. Eh oui !!! Ça, c’est une INFIRMIÈRE qui vous le dit !!! »

Katya, Asnières-sur-Seine, 1er décembre 2050

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